Initiative « sortir du nucléaire »: Un NON important pour l'environnement et la politique énergétique suisse

La fondation Energy for Humanity s’est impliquée, au cours des dernières semaines, dans la campagne référendaire sur l'initiative « sortir du nucléaire », parce qu’elle croyait en l’importance du rejet de l'initiative, notamment pour des raisons de protection de l’environnement et de sécurité d’approvisionnement en électricité en Suisse. Nous sommes heureux que le peuple suisse se soit opposé, aujourd’hui, à l'arrêt prématuré des centrales et à l’interdiction de l'utilisation de l'énergie nucléaire.

Energy for Humanity continuera de travailler pour relever les défis qui découlerons de la mise en place de la stratégie énergétique, pour faire reconnaître l’énergie nucléaire comme faisant partie de la solution, tout en poursuivant les objectifs suivants :

•    L’atteinte des objectifs déjà fixés en matière de protection de l’environnement, laquelle devient hautement prioritaire.
•    Un travail accru pour éviter la construction, en Suisse, de grandes centrales électriques fonctionnant gaz.
•    La sécurité d’approvisionnement excellente doît être maintenue.
•    L'analyse de ce qui se fait ailleurs en termes d’approvisionnement en énergie et ainsi éviter que les erreurs commises, comme celles répertoriées en Allemagne, ne soient répétées en Suisse.
Aux yeux d’Energy for Humanity, la décision d’aujourd’hui met en évidence l’importance que devrait avoir la technologies nucléaire dans l’établissement d’une stratégie énergétique. Aussi, la Fondation souhaite-t-elle participer au développement de cette stratégie en mettant de l’avant les connaissances et l’expertise développées en la matière. Energy for Humanity a d’ailleurs déjà planifié la tenue, au cours du deuxième trimestre de 2017, d’un premier dialogue sur l'énergie. Les scientifiques et experts renommés sont invités à participer à cet évènement.

 

L’acceptation de l’initiative « sortir du nucléaire » serait catastrophique pour la Suisse

Energy for Humanity s’est engagée à promouvoir un approvisionnement en énergie sûr et sans danger pour l’environnement. Le système suisse est l'un des meilleurs au monde. Un « Oui » à l’initiative de sortie du nucléaire conduirait à la destruction délibérée de ce système. En résulterait, notamment, cinq conséquences graves pour la Suisse:

1. L’incapacité d'atteindre les objectifs de protection de l’environnement et une atteinte même à l’environnement : Le mix de production d'électricité actuel (pauvre en CO2), qui allie hydroélectricité, énergie nucléaire, ainsi qu’une petite portion de nouvelles énergies renouvelables, sera transformé, si le « oui » l’emporte, par le recours accru aux importations allemandes (fossiles) et françaises (nucléaires).

2. La construction, en Suisse, de grandes centrales électriques à gaz : L'élimination rapide d’une source d’approvisionnement sûre et fiable en hiver nécessitera la construction de 5 à 9 centrales fonctionnant au gaz de 550 Mégawatts chacune. Selon les scénarios déjà envisagés par l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), une première centrale de ce genre devra être construite d’ici 2020.

3. L’atteinte à la sécurité actuelle d’approvisionnement en énergie : Une dépendance accrue aux énergies étrangères et au réseau électrique existant portera atteinte à la sécurité d’approvisionnement en énergie dont la Suisse bénéficie actuellement. Le risque de coupure de courant prolongée, la plus grande menace actuelle selon l'Office fédéral de la protection de la population (OFPP), s’accroîtrait. Ce risque est inutile et dangereux pour l’économie et la société suisses.

4. La distorsion du marché de l'électricité et des coûts élevés en raison de la perte de 320 TWh et d’une modification rapide de la production électrique nationale : La substitution d’un large volume d'électricité requiert une intervention massive sur le marché comparable à celle observée en Allemagne. L’initiative de sortie entraînerait la perte de 320 TWh d’électricité suisse (valeur marchande en 2015: EUR 15 milliards). Une grande partie de cette perte devra être compensée par un recours accru d’énergie en provenance de l’international. Des coûts annuels supplémentaires de milliards de francs (la RPC était, en 2015, déjà subventionné à la hauteur de 250 millions de francs au dessus du prix du marché) seront à prévoir. L'impact de cette économie planifiée affectera nécessairement le secteur de l’hydroélectricité en Suisse.

5. Une expansion du réseau, laquelle sera soumise à d’importantes contraintes de temps : La mise en œuvre des projets, prévus par la Stratégie Énergétique 2050, visant l’expansion du réseau électrique actuel, représente un grand défi en soi. Une sortie imprévue et chaotique du nucléaire accentuerait l’effet de ces contraintes de temps. Cette expansion ne pourra être complétée dans les délais requis. Le risque de coupure de courant augmentera forcément.

Alors NON le 27 novembre 2016 !

Energy for Humanity espère que tous les électeurs sont conscients des conséquences auxquelles ils risquent de faire face. Il est important, dans les jours qui viennent, de s’assurer qu’ils puissent tous se faire entendre et éviter les dangers de l'initiative par l’entremise d’un « NON » raisonnable. Les électeurs ont jusqu’au mardi 22 novembre 2016 pour voter par correspondance via Courrier B (avec enveloppe pré-affranchie) et jusqu’au jeudi 24 novembre 2016, au plus tard, pour voter via Courrier A.

L'initiative « sortir du nucléaire » est extrêmement nocive pour la Suisse et les projections actuelles prévoient un résultat serré. Par conséquent, chaque vote compte!

« Le conseiller aux États Noser nous met en garde contre les coûts considérables qu’engendrerait l’initiative populaire « Sortir du Nucléaire »»

Ruedi Noser, conseiller aux États du canton de Zurich, membre du Comité d’Energy for Humanity, est contre l'initiative populaire « Sortir du Nucléaire » des Verts. Au cours de son entrevue, M. Noser se prononce sur les raisons qui expliquent pourquoi les électeurs suisses seraient avisés de voter NON le 27 novembre prochain : NON à une sécurité d'approvisionnement amoindrie et NON aux coûts élevés. Dans ses propos, il rappelle aussi l’importance de baser son vote sur la raison plutôt que l’émotion.

Aux dires des sondages réalisés au cours des dernières semaines, il semblerait que les Suisses soient en faveur d’une sortie du nucléaire - comment expliquez-vous cela?
Ce résultat ne me surprend pas. Cependant, cela sous-tend que nous ne sommes pas encore parvenus à démontrer que nous avons déjà statué, par l’intermédiaire de la Stratégie Énergétique 2050, sur la sortie nucléaire. En effet, le 27 novembre prochain, les Suisses ne seront pas appelés à voter sur la sortie du nucléaire comme telle, mais plutôt sur l’échéancier de cette sortie. Je crois que les résultats desdits sondages indiquent avant tout que la population suisse veut sortir du nucléaire. Il demeure toutefois important de planifier cette sortie et de la coordonner de manière judicieuse. J'espère donc que les électeurs suisses agiront avec raison, plutôt qu’avec émotion, et voteront « non ».

Que voulez-vous dire par là?
Je peux comprendre que certains cherchent à relancer le débat et que d’autres craignent que la sortie du nucléaire ne soit pas assez rapide, d’un point de vue environnemental. Je peux aussi comprendre que les photos de Fukushima ou Tchernobyl restent toujours gravées dans de nombreux esprits. Malgré cela, nos sentiments à ces égards ne devraient pas nous guider dans notre choix. Il faut plutôt voter pour la solution politique correcte et raisonnable. L'initiative des Verts propose de fermer, dès l'an prochain, trois de nos centrales nucléaires. Cette sortie chaotique et non planifiée est dangereuse pour nous. Les objectifs et le plan de sortie progressif prévus par la Stratégie Énergétique 2050 sont déjà ambitieux. Envisager une sortie rapide, tel que le propose l’initiative des Verts, serait dangereux.

Quel est, selon vous, le plus grand danger?
Les coûts colossaux et les contrecoups économiques que cette initiative engendrerait sont présentement minimisés. On prévoit déjà que la mise en place de la Stratégie Énergétique 2050 entraînera des coûts atteignant les milliards de francs, notamment en raison d’une utilisation accrue des centrales alimentées au gaz, lesquelles émettent beaucoup de CO2, ainsi que des subventions. Le DETEC prévoit des coûts supplémentaires de l'ordre de 30 milliards de francs d’ici 2050. Or, une sortie prématurée du nucléaire rendrait l’utilisation de centrales au gaz encore plus nécessaire. Les coûts augmenteront. Le contribuable sera appelé à assumer la facture et davantage d’investissements devront être trouvés. Au lieu de discuter des effets d’une sortie prématurée du nucléaire, tout le monde rêve d'une Suisse qui s’approvisionne en électricité exclusivement à partir d’énergies renouvelables. « Nous devons faire pression ! Nous pouvons le faire », se disent-ils. Cette attitude est dangereuse et négligente. Nous devons être conscients des conséquences qui résulteraient de la victoire du « oui ». Il est tout à fait illusoire de se priver d’une telle capacité de production d’électricité dans un délai d’un an. Aujourd'hui, cela prend quelques décennies avant que les réseaux électriques nécessaires soient construits ou que de nouvelles centrales hydroélectriques et éoliennes soient raccordées au réseau.

Quel est l'avantage de la Stratégie Énergétique de 2050 que vous envisagez par opposition à l'initiative populaire « Sortir du Nucléaire »?
Elle est planifiée et soutenue par différents scénarios. En outre, la Stratégie Énergétique 2050 est soutenue de gauche à droite. Elle n’est donc pas basée sur une idéologie. La transformation de notre approvisionnement en électricité est nécessaire. Ceci étant dit, elle doit être viable pour la population et pour les entreprises. Un approvisionnement garanti en électricité est essentiel pour nous tous. Avec l'initiative « Sortir du Nucléaire », nous mettons en péril cette sécurité d'approvisionnement.

Que reste-t-il à faire avant le jour du scrutin du 27 novembre prochain?
Ce qui doit toujours être fait lorsqu’une proposition est votée: convaincre, convaincre, convaincre. Il faut aussi veiller à ce que chacun, de sa propre initiative, dépose un « non » dans l'urne. Nous avons encore le temps de protéger la Suisse contre les conséquences coûteuses et dangereuses qu’engendrerait la mise en place d'une hypothèse.

« Nous avons besoin de toutes les formes d'énergie non émettrices de CO2 pour combattre les changements climatiques »

Commentaire de Kirsty Gogan, Écologiste et co-fondatrice d'Energy for Humanity

L'utilisation du nucléaire est, à première vue, incompatible avec l’idéologie de l’écologiste. Pourtant, j’en fais la promotion depuis des années, et ce, vu l'absence d'alternative équivalente et la gravité des conséquences liées aux changements environnementaux. Car nos objectifs climatiques ne sont atteignables que si nous nous opposons à l’utilisation de combustibles fossiles dans la production d'électricité.

Je suis une londonienne, mère de jeunes enfants. La lutte contre les changements climatiques, c’est mon plus grand combat. Pourquoi ? Parce que je ne veux pas que mes enfants grandissent et remettent en question mon inaction face à l'accélération de tels changements. Je sens que j’ai une responsabilité de faire quelque chose pour les arrêter, et ce, aussi rapidement que possible. Pour moi, cela passe notamment par la mise en place de mesures et par l’utilisation de sources d'énergie dites impopulaires. J’avoue être en faveur de l'énergie nucléaire non pas par conviction, mais bien parce qu’il n’existe (présentement) aucune alternative équivalente et parce que son utilisation comporte plus d’avantages que d’inconvénients.

Conséquences dévastatrices des changements climatiques
D’un point de vue environnemental, les changements climatiques représentent, pour moi, un bien plus grand danger que celui des déchets nucléaires. La température du globe augmente constamment, entraînant par le fait même des phénomènes météorologiques extrêmes, sans oublier de nombreuses crises humanitaires. Les sécheresses et les inondations modérées affectent la production alimentaire, plus particulièrement dans les régions pauvres. La pollution de l'air s’accentue. Nous devons nous attaquer à ces problèmes et réduire leurs effets. Nous en sommes tous responsables.

Mais comment les résoudre? Que peut-on faire? Que devons-nous faire pour que la température moyenne du globe n’augmente pas de plus de 2 °C? La réponse à ces questions est connue du milieu scientifique depuis des années : nous devons déployer les efforts nécessaires pour réduire l’utilisation de combustibles fossiles, notamment en misant sur des méthodes propres et efficaces de production d’électricité, telles l'hydroélectricité, le photovoltaïque, l'énergie éolienne et le nucléaire.

Le recours à l'énergie nucléaire ne doit pas être écarté pour cause de protection de l’environnement
Malgré tout, j’avoue avoir eu de la difficulté à accepter que le nucléaire puisse faire partie de la solution. Environnementaliste convaincue, j’ai été, une bonne partie de ma vie, en défaveur du nucléaire. Mais à force de participer à de nombreuses discussions sur le sujet, d’étudier la question et de soupeser les avantages du nucléaire par rapport aux risques inhérents à son utilisation, mon opinion a changé. La réalité des faits et les données recueilles ont fini par remplacer la peur qui m’habitait jusqu’alors. Cela n’a pas été facile. Le nucléaire fait l’objet d’un débat social souvent guidé par l’émotion et la controverse. En changeant de position, je me suis rapidement sentie isolée de mes compagnons habituels. Ceci étant dit, je reste convaincue que le jeu en valait la chandelle. J'ai la certitude d’avoir agi correctement.

Choix entre la peste et le choléra?
Aujourd’hui, je ne suis plus seule. De plus en plus de personnes reconnaissent les avantages de l'énergie nucléaire. Il faut dire que la question n’est pas sans entraîner des tensions au sein des différents mouvements environnementaux. En effet, un grand nombre de personnes se questionnent sur la place que devrait occuper le nucléaire dans le mix énergétique futur des pays. Cela reviendrait-il à choisir entre la peste et le choléra ? Certaines personnes, autrefois opposées à l'énergie nucléaire, changent d'avis lorsqu'elles réalisent que la menace du nucléaire est disproportionnée (je recommande ici l'étude des rapports de l'OMS sur l’ampleur de l’accident de Tchernobyl et sur l'accident de Fukushima) au danger réel et incontestable que représentent les changements climatiques. Les données et les faits parlent d’eux-mêmes : il n’existe (présentement) aucune autre alternative égale et aussi écologique que le nucléaire.
 
La résolution du problème des changements climatiques est urgente. Notre génération a la possibilité d’intervenir sans délai. Les scientifiques reconnaissent que des changements permanents, tels la fonte des glaciers et des bouchons polaires, ainsi que le bouleversement des écosystèmes, sont directement liés aux changements climatiques. Tôt ou tard, même les plus épargnés d’entre nous serons confrontés aux conséquences de ces changements, Europe incluse.

Agir pour contrer les changements climatiques est plus important qu’agir de manière à promouvoir ses propres idéologies
Des mesures en ce sens doivent être prises dès que possible. La Suisse veut se positionner quant à l’avenir de l'énergie nucléaire ? Pourquoi pas? La Suisse deviendrait un modèle à suivre si elle réussissait à reposer l’ensemble de sa production d’électricité sur des énergies renouvelables! Mais d’ici là, le recours à l’énergie nucléaire doit être maintenu. Aucune centrale à gaz ne doit être construite. Le recours à l’électricité allemande ne devrait pas être promu. Il ne faut pas oublier que les changements climatiques affectent l’ensemble de la population mondiale. Nous devons donc agir outillés de tous les moyens dont nous disposons pour contrer ce fléau. J'attends avec impatience le résultat du vote populaire en Suisse. Luttons ensemble pour que nos enfants et toutes les générations futures puissent grandir dans un monde bon et propre.

Un coup frontal à notre économie et à notre environnement

Daniel Aegerter: „L’initiative pour la sortie précipitée du nucléaire“ porte un coup frontal à notre économie, mais également à notre environnement“

Co-fondateur de la fondation Energy for Humanity Daniel Aegerter explique dans l’interview avec journal des arts et métiers jam, pourquoi l’initiative des verts est hypocrite et pourquoi ces développements ne vont pas dans la bonne direction.

De l’air pur grâce au mix énergétique de la Suisse

Seuls quelques pays peuvent se targuer de produire un mix énergétique aussi écologique que la Suisse. Un abandon prématuré de la production nucléaire met en danger cet exploit. L’émotion, les idéologies et les préjugés empêchent la tenue d’un débat honnête portant sur un approvisionnement électrique raisonnable et écologique en Suisse, ainsi que sur une réduction de la production d’énergie à partir d’énergies fossiles.

La protection de l’environnement est importante. Certains objectifs environnementaux doivent être atteints. La biodiversité doit être conservée. L’énergie durable doit être promue. L’empreinte écologique doit être réduite. La société, l’économie et la classe politique s’entendent à plusieurs de ces égards. Nous voulons tous léguer un environnement sain aux générations futures. Toutefois, quand vient le temps de déterminer comment cet objectif pourrait être atteint, l’émotion, les idéologies et les préjugés finissent souvent par l’emporter sur les résultats découlant d’études vérifiées, sur les données scientifiques accumulées et sur les faits. C’est d’ailleurs pour renverser cette tendance qu’Energy for Humanity entend agir, notamment en encourageant la tenue de débats honnêtes et non partisans sur les stratégies suisses et internationales en matière d’énergie, comme l’a fait feu David J.C. MacKay, ancien professeur de philosophie naturelle du département de physique de l'université de Cambridge. Dans son ouvrage « Sustainable Energy – without the hot air » (disponible sur Internet en anglais, mais aussi en français), Prof. MacKay présente divers scénarios de production d’énergie. Ces derniers tiennent compte des coûts et des conséquences que pourrait avoir l’implantation de ces mesures sur l’environnement et le climat au Royaume-Uni.

Nous pouvons protéger notre environnement en misant principalement sur une production propre de l’électricité.
Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a identifié la piètre qualité de l’air comme étant le quatrième facteur de risque le plus élevé pour la santé mondiale. Selon les dernières estimations, celle-ci serait, chaque année, responsable de la mort prématurée d’au moins 6.5 millions de personnes. Mais ce n’est pas tout ! De grands efforts doivent aussi être déployés, plus particulièrement au niveau de la production d’électricité par l’entremise de méthodes dites propres, pour atteindre les objectifs fixés lors de la Conférence de Paris sur le climat en matière de réchauffement planétaire. D’ailleurs, selon le GIEC, 25% des émissions mondiales nocives découlent de la production d’électricité faite à partir d’énergies fossiles, telles le charbon, le gaz et le pétrole. Une réduction de l’utilisation d’énergies fossiles est donc essentielle dans la lutte contre les changements climatiques.

La production de nourriture, la croissance constante de la population mondiale, ainsi que nos habitudes en termes de mobilité, sont aussi des facteurs qui influencent le taux d’émission de CO2. Cependant, contrairement aux énergies fossiles, dont l’utilisation peut être facilement remplacée, il est plus difficile d’agir à ces niveaux. Heureusement, en Suisse, il nous est possible de produire de l’énergie propre. Dans le contexte du grand défi qu’est la lutte contre les changements climatiques, nous devrions considérer toutes les options qui s’offrent à nous et résister à la prise de décisions idéologiques ou imprudentes comme un abandon prématuré de l’énergie nucléaire, tel que proposé par l’initiative des Verts.

La fermeture immédiate des centrales nucléaires aurait des répercussions négatives sur la politique environnementale suisse.
L’Office fédéral de l’environnement (OFEV) a publié, en 2015, une étude visant à donner un aperçu des évolutions possibles des émissions de gaz à effet de serre générées par la Suisse. Par l’entremise de son étude, l’OFEV a tenté de mettre en évidence les conséquences que pourrait engendrer l’implantation de différentes options, dont le choix s’appuie grandement sur des décisions prises aujourd’hui (telles celles relatives aux centrales électriques, aux normes aux bâtiments et aux stratégies en matière de mobilité), sur le taux de gaz à effet de serre généré. Dans cette étude trois scénarios sont présentés : un prévoyant des émissions élevées, un des émissions moyennes et l’autre des émissions basses. Selon chacun de ces scénarios, la Suisse peut espérer, en 2050, une réduction d’environ 15%, par rapport au niveau de 1990, de sa production de gaz à effet de serre, en cas de réalisation du scénario «haut» (le pire scénario), un peu plus de 40%, si c’est plutôt le scénario «moyen» qui venait à se réaliser, et près de 70% dans un cas de scénario «bas» (le meilleur scénario).
Tant dans son scénario «moyen» que dans son scénario «haut», l’OFEV prévoit des émissions importantes en provenance de nouvelles centrales suisses à gaz à cycle combiné. Force est de constater que le choix de méthode de production d'énergie a un impact majeur sur les émissions de gaz à effet de serre. Un abandon immédiat du nucléaire empêcherait la réalisation du meilleur scénario, soit le scénario «bas», dans la mesure où la réalisation des scénarios «moyen» ou «haut» faciliterait une importation accrue d'électricité issue du charbon et engendrerait la construction rapide de centrales alimentées au gaz. Autrement dit, plus nos centrales nucléaires ferment tôt, plus il sera difficile d'atteindre nos objectifs en termes de protection de l’environnement.
Toute personne qui se préoccupe de notre environnement devrait voter NON le 27 novembre 2016.

Le fait que certaines associations environnementales et certains politiciens « verts » supportent un tel abandon du nucléaire est pour le moins surprenant.
Tous ceux qui se préoccupent de notre environnement et le changement climatique devraient se battre à nos côtés et encourager la mise en place d’une politique environnementale plus respectueuse de l’environnement, notamment en votant NON à l’abandon du nucléaire le 27 novembre 2016.

Informations additionnelles:

OFEV, Émissions de gaz à effet de serre générées par la Suisse – Perspectives d’émissions jusqu’en 2050, 15 avril 2015.

Travaux de diverses études menées par le GIEC.

MACKAY, David, Sustainable Energy - without the hot air, publié chez UIT, 2008, 380 pages; version française

The Global Calculator - Simulation of different influencing factors on climate change (rapport en français), développé par le Department of Energy & Climate Change du Royaume-Uni, 2013.

 

 

Lancement de campagne: Nous voulons protéger notre climat !

Energy for Humanity a lancé aujourd'hui sa campagne en Suisse contre l'initiative "sortir du nucléaire". Sur les affiches et les annonces, il est demandé aux Suisses si ils veulent réellement importer de l’électricité issue du charbon polluant, de risquer une pénurie d'électricité en hiver, accélerer le changement climatique ou interdire le progrès. Energy for Humanity veut souligner le fait qu’un «oui» à l'initiative "sortir du nucléaire" aura un impact très négatif sur notre politique énergétique qui est favorable au climat, sûre et ouverte à toute technologie. Les réponses aux questions et les raisons pour lesquelles l'initiative "sortir du nucléaire" doit être rejetée, peuvent être trouvées ici.